Quelle Présidente pour la France en 2017 ? Partie 5 : Quel rôle pour les partis dans cette élection ?

Dans le monde politique de 2016, la vie partisane se focalise sur la préparation des élections présidentielles. Puisque que l’évolution du système a subordonné toute la vie politique à cette élection souvent qualifiée de « reine » :

  • L’UMP et le reste de la droite vivent dans la perspective de leur primaire de novembre ;
  • Le PS et ses satellites vivent dans la perspective de leur primaire de janvier, suspendus au choix du Président sortant quant à une possible nouvelle candidature ;
  • EELV, le parti à l’ADN le moins présidentialiste, qui s’est toujours cassé les dents sur cette élection, vient, en dépit du bon sens, de vivre un automne au rythme d’une élection primaire ;
  • La gauche de la gauche n’organise pas de primaire, mais tout tourne autour de la question d’un candidat autoproclamé omniprésent, à la notoriété incontournable, et des aigreurs qu’il provoque chez ses partenaires ulcérés mais sans alternative ;
  • Le FN n’a pas de primaires, mais tout y tourne autour de sa candidate naturelle ;
  • Inutile d’en rajouter sur d’autres individus-candidats, hyper-médiatiques autant que vides de contenu idéologique nouveau.


Du coup, le débat programmatique tourne autour des distinctions qui existent, dans chaque famille, entre les candidats à la candidature. Ou entre les candidats inévitables et les diverses tendances qui, malgré leur domination, coexistent dans leur propre famille politique.

Et le temps des délibérations entre militants et secteurs des partis ? Celui de l'élaboration de programmes représentant les intérêts des publics dont ces partis se veulent les défenseurs ? Et celui des échanges préparant les négociations entre de possibles partenaires de coalition dans une future majorité ? Ces temps-là ont disparu, escamotés.

Comme si LA solution pouvait venir d’une seule personne omnisciente et omnipotente, comme si un Président de la République pouvait donner à lui seul les impulsions nécessaires à la définition d’une politique publique.

Quelle devrait être l’attitude des partis politiques dans la préparation de l’élection présidentielle ?

L’auteur de cet article rêve que...

La prochaine Présidente de la République soit une personnalité indépendante, parrainée par des partis dont elle ne sera pas nécessairement issue. Une personnalité qui se distingue par sa vision institutionnelle, respectueuse du mode de gouvernement républicain. Une personnalité vraiment « au-dessus des partis », pour reprendre une expression de Charles De Gaulle sans nécessairement se référer à l’application qu’il en fit.

L’auteur de cet article rêve aussi que...


Les partis se ressaisissent et s’appliquent à remplir la fonction qui est la leur dans une République démocratique : qu’ils « concourent à l’expression su suffrage », la loi garantissant « les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation » (article 4 de la Constitution). Qu’ils redeviennent un outil de formation de la volonté générale au moyen de la construction et de la défense de visions politiques multiples, fondées sur la représentation des intérêts des différents groupes sociaux et arbitrées par le suffrage universel et la construction de majorités politiques.