29 Novembre 2013: Colloque sur les Droits fondamentaux et le modèle social européen. Pour une vision socialiste à la hauteur de la crise !

L’événement soutenu par le think tank européen de gauche EuroCité (que je co-anime à Bruxelles), et la Sénatrice Olga Zrihen se donne pour mission de comprendre les attaques qui se multiplient à l’heure actuelle contre le modèle de société défendu par les socialistes et les progressistes. L’enjeu majeur est de formuler les exigences permettant de répondre à ces attaques et de reprendre l’initiative pour continuer le développement de ce modèle de société, ce qui est la mission historique de notre famille politique.
 
Deux types d’attaques sont aujourd’hui généralement bien identifiées par les observateurs de la politique européenne. Les attaques économiques et sociales, avec la généralisation de l’austérité et son accentuation dans quelques pays martyrs (Bulgarie, Espagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Portugal). Si les socialistes européens tentent d’en atténuer la portée, ils n’y réussissent souvent que partiellement, et dans certains cas les électeurs ont durement châtié les partis qui n’ont pas paru en mesure de proposer de vraie vision alternative (MSzP, PASOK, PSOE…). Les attaques autoritaristes se multiplient également, comme dans le cas de la Hongrie, mais également avec des atteintes aux droits fondamentaux sous des gouvernements de droite aux affaires ces dernières années (France, Italie…). Sur ce plan, on a globalement l’impression que les partis socialistes, à quelques exceptions près, savent mieux se démarquer de la droite, en continuant à défendre les libertés et à promouvoir certaines avancées sociétales. Pourtant, il semble que l’adhésion à ces valeurs fondamentales ne soit pas suffisante pour convaincre les Européens que les socialistes sont encore à la hauteur de leur mission historique.
 
EuroCité défend l’idée selon laquelle la distinction entre ces deux types d’attaque n’est pas pertinente, car les deux sont, de la même façon, des remises en cause du contrat social européen et du fameux modèle social européen. Quand les malades ne peuvent plus être soignés, quand les petites retraites sont sévèrement amputées, quand les plus petits revenus sont systématiquement poussés à la baisse pendant des années, il s’agit bien atteintes directes aux droits fondamentaux, y compris même les libertés fondamentales d’expression et d’opinion.
 
Un certain type de discours sur l’efficacité économique est aujourd’hui manipulé pour faire accepter comme nécessaires de lourds sacrifices économiques et sociaux, présentés comme liés à la crise mais néanmoins définis comme des ‘réformes structurelles’ aux effets durables. Ce discours de la nécessité est jusqu’ici infirmé par les faits (cycle austérité – stagnation - impossibilité de réduire les déficits et les dettes) comme par la théorie économique (voir à ce sujet d’innombrables économistes à commencer par les Prix Nobel Stiglitz et Krugman). En réalité, ce discours permet surtout d’apporter une légitimité pseudo-scientifique à un vaste transfert de revenus et de patrimoine du bas vers le haut de l’échelle sociale. La conséquence en est une remise en question globale de la notion de droits universels.
 
La mission des socialistes et des progressistes est de défendre l’égal accès de tous à l’ensemble des droits fondamentaux civils, politiques, économiques, sociaux, culturels, qui sont des droits indivisibles. Cette mission l’oppose à tous ceux qui, parfois dans le dire explicitement, travaillent au retour d’une société faite de privilégiés et d’exploités, dans les domaines économique et social comme dans tous les autres domaines.
 
Il nous revient de rassembler les compétences nécessaires à l’analyse des attaques systémiques subies par nos sociétés, et de définir une politique européenne pour un accès de tous à des droits fondamentaux universels.